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On quitte déjà le Ratanakiri et ses pistes rouges pour rejoindre la capitale cambodgienne, Phnom Penh. Debouts à 5h pour prendre le bus à 6h30 et c’est parti pour une longue, longue, très longue journée de bus : 10h pour être précis. Les paysages sont assez plats et comme on sait en saison sèche, les rizières sont toutes brunes. En plus, on a ni karaoké ni marchande en tout genre qui rentre dans le bus pour nous vendre des «choses» grillées ou des fruits 🙂 autant dire que ça ne passe pas vite 🙂 On s’est retrouvé sans faire exprès assis à côté d’une famille cambodgienne avec qui on avait sympathisé aux abords du lac de Banlung. Ils vont également à Phnom Penh.

On sent que le Cambodge est plus proche de l’Equateur, car les températures sont de plus en plus chaudes et l’atmosphère de plus en plus moite et humide. Au passage, on pense bien à vous en France qui combattez le froid. Au vu des dernières news en station, ça devrait être une bonne saison de ski 🙂

On arrive dans la banlieue de Phnom Penh. La circulation est très fluide avec de grandes avenues. Ca ressemble beaucoup plus à une capitale que Vientiane si on veut comparer. On sort nos sacs des soutes du bus et ils sont cette fois remplis de la poussière rouge récoltée sur le trajet. Sympa pour les tee shirts ensuite 🙂

Une fois les sacs posés, on rejoint le quartier animé et on se promène le long du quai Sisovath. Les jeunes s’adonnent à un des sports nationaux ici : l’équivalent du sepak takraw thailandais mais avec un volant de badminton.

Puis on mange tranquillement le long de la rivière Tonlé Sap. Ce coin bouge beaucoup, avec pas mal de guesthouses, de bars normaux et des bars à hôtesses. Ce n’est hélas pas rare de croiser un occidental assez vieux avec une petite minette cambodgienne de 20 ans. Ils sont même par endroits plus nombreux que les gens «normaux».

26 janvier. Lever assez tôt. On a prévu de ne rester qu’une journée à Phnom Penh, essentiellement pour faire la demande des visas vietnamiens. On en profite évidemment pour visiter les principaux monuments. On part donc à l’ambassade vietnamienne de bonne heure pour faire les formalités. 45 dollars par personne. Nous sommes jeudi et ils nous disent qu’on peut revenir les chercher lundi. On a prévu d’aller faire les temples d’Angkor Wat entre temps et de toute façon repasser par Phnom Penh donc ça nous va bien. Je n’ai pas suffisamment d’argent donc je pars en quête d’un ATM. Pas toujours évident ici. Le premier ne prend que les cartes cambodgiennes, le deuxième que les VISA. Je passerai donc par une banque qui me donne des dollars et simule un achat, pas d’autre choix ce jour là !

Passées ces quelques formalités, on se dirige vers le marché russe au sud de la ville. Beaucoup de vietnamiens y ont installé leurs stands et du coup tout se ressemble un peu. On s’attendait plus à un marché avec des antiquités et des babioles, ça sera un marché aux souvenirs avec des tee shirts, des kramas, des écharpes. On le fait quand même malgré le fait qu’une coupure d’électricité s’est produite… Aucun ventilateur sous les toits de tôle donc… Hammam gratuit. On mange des nouilles et des spring rolls (sorte de bobun vietnamien) dans une petite échoppe pour seulement 1$ chacun. Puis petit jus de canne frais, miam !

On prend ensuite la direction du musée du génocide, le fameux Tuol Sleng S21, école transformée en prison et en centre de torture/exécution durant les années sombres de l’histoire cambodgienne, de 1975 à 1979. Quatre heures passées à l’intérieur permettent de mieux se rendre compte des horreurs perpétrées ici et partout dans le Cambodge durant la période de pouvoir des Khmers Rouges. Des traces de sang subsistent ici et là, les cellules et les salles d’interrogatoire sont laissées telles quelles. Dans les différentes salles, on peut voir sur de grands panneaux les visages des personnes qui n’ont pas échappées à la terrible machine khmère rouge. Certains sont encore gamins, d’autres sont des vieillards, et on peut deviner dans leurs regards qu’ils savent ce qui les attend. Dans cette prison, on estime entre 12 000 et 20 000 personnes le nombre de personnes tuées. Durant les 4 années de terreur, les Khmers Rouges massacreront un quart de la population, soit environ 2 millions de personnes. Terrifiant témoignage du génocide.

A l’heure où nous écrivons cet article, Duch, un des principaux responsables vient d’être condamné à perpétuité par un tribunal international. Les autres dirigeants ne sont toujours pas jugés, certains occupent toujours de bonnes places au sein du pays. Les points de vue divergent sur les éventuels jugements de ces «monstres», jugeant ces jugements très occidentaux. Les Cambodgiens, majoritairement bouddhistes et avec une philosophie différente, n’attendent pas forcément un jugement. On s’est acheté quelques biographies ou livres documentaires pour un peu mieux comprendre cette période. Merci à Thomas du blog «Kilomètres et Megapixels» pour le lien également (cf article dans le JDD)

Après cette douloureuse mais instructive immersion dans l’histoire du peuple cambodgien pas si lointaine, nous finissons la journée par la visite du Wat Phnom, ça faisait longtemps qu’on n’était pas allé faire une visite de temple. L’architecture est vraiment différente de ce qu’on a vu dans les autres pays : beaucoup plus détaillés, des apsaras (danseuses célestes) qui retiennent le toit, des peintures et des scènes du Reamker, la version khmère du Ramayana indien.

Via couchsurfing, on avait contacté une personne qui recherchait des volontaires pour l’aider à son orphelinat dans les environs de Phnom Penh. On s’était dit que ça pouvait être bien avant d’aller à Siem Reap et voir les temples d’Angkor. On arrive à le contacter après plusieurs emails et en empruntant deux téléphones non sans mal !! Le mec voulait bien de nous mais il fallait qu’on prenne un tuk tuk pour aller plus loin que prévu et pour plus cher (étrange) et il n’a jamais voulu donner son adresse prétextant que c’était trop compliqué (il fallait demander au chauffeur de tuk-tuk de l’appeler pour se faire guider). On a trouvé ça assez louche et ça revenait bien cher donc au final on a abandonné. On se dit que c’est pas plus mal car ici au Cambodge, à chaque coin de rue ou sur les tuk tuk, on voit de nombreuses affiches qui avertissent sur le danger des orphelinats, et sur le fait que les gamins ne sont pas des attractions touristiques. Par la suite, on a lu que sur 258 orphelinats présents dans le pays, seulement 21 sont contrôlés au niveau gouvernemental. Les parents vendent parfois leurs gamins dans des «orphelinats» pour avoir un revenu. Certaines guesthouses ou hôtels attirent les touristes dans les orphelinats. Ces orphelinats sont laissés dans des états insalubres pour attirer la sympathie et les dons des touristes. (Source: magazine SEA Globe)

Demain, direction Siem Reap et ses célèbres temples d’Angkor !

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Vos commentaires
Frédéric LANG
8 février 2012 à 11:14 Répondre

Salut,
Le camps S21, ancien lycée français transformé en camps de la mort, restera une visite qui vous prend aux tripes.
Phnom Penh, on y est resté 1 semaine chez des amis, on avait beaucoup apprécié. PP est une étape trop souvent considérée comme secondaire, à tort.
Grosse bise à vous 2
Fred

Choupi et Tibal
19 février 2012 à 16:18

Ouaip la visite est tout aussi pesante qu’instructive. On a pas eu le temps de rester plus à PP mais ce qu’on en a vu nous a plu ! Bisous à vous et bon retour à la Réunion !

Gudule et Nounet
18 février 2012 à 21:03 Répondre

Le p’titgrain est réparé. Youpi!
Bisous

Choupi et Tibal
19 février 2012 à 16:32

Normalement oui… On a remis les choses en place avec un soupçon de sécurité en plus. En espérant que ça tienne !
Bisous, on a plein de retard dans les articles du coup 🙁

Louis
19 février 2012 à 17:48 Répondre

Un article qui ne fait pas rêver pour une fois mais il ne faut pas perdre de vue les horreurs de l’histoire.

Toujours aussi intéressant votre blog. Continuez comme cela 🙂

Choupi et Tibal
19 février 2012 à 17:55

Merci Louis. Oui, on ne peut pas toujours vous montrer de belles plages et des endroits paradisiaques, hélas… Mais un peu de visites culturelles ne font pas de mal non plus 🙂 A bientôt !

seb
19 février 2012 à 19:12 Répondre

Heureux de retrouver votre blog en bon état !
Les mains dans le cambouis en plein congé sabbatique, ça change les idées, hein ! 😀

Choupi et Tibal
21 février 2012 à 16:00

Ouaip si on avait pu éviter, ça m’aurait pas vraiment déranger 🙂
A+

elopasgagadutout
20 février 2012 à 22:24 Répondre

coucou les amis! J’ai lu un article la semaine dernière sur les (rares) gens qui vivent de leur blog. Faut qu’on vous laisse plus de commentaires pour que vous puissiez en vivre, faire des conférences dans toutes les libraires de France et me dédicacer votre livre « comment je suis parti en congé sabbatique avec Choupi! ».
Bisous
Elodie

Choupi et Tibal
21 février 2012 à 16:02

Hihi, oui on est loin d’en vivre, surtout sans mettre de pub dessus 😉
C’est pas notre but, on a pas assez de lecteurs de toute façon !
Bisous

Marianne
28 février 2012 à 18:25 Répondre

Salut les aventuriers, juste un petit coucou car je pense souvent à vous mais ne vous écris pas.
Je n’ai pas pris le temps de tout lire mais je suis scotché. Trop bien tout ça.
Bisous d’un pays lointain qui est le mien.
Marianne

Choupi et Tibal
1 mars 2012 à 13:54

Merci pour ton message Marianne !
Nous aussi on pense à Lyon mais pas aussi souvent qu’on le devrait 🙂
Prends ton temps et bonne lecture
A très bientôt maintenant, bisous

18 avril 2012 à 08:06 Répondre

Le Musée du Génocide est très impressionnant. J’y ai été toute seule… et ce n’était pas une bonne idée.

Mais c’est important d’y aller car c’est difficile d’imaginer ce qui a pu se passer dans ce pays quand on le visite en tant que touriste. Oui on voit des gens amputés, bien plus qu’ailleurs, mais de là à se rendre compte de la nature du régime des Khmers Rouges… Du coup, cela ne m’a donné qu’une envie: en apprendre davantage sur l’histoire du Cambodge.

NowMadNow

Choupi et Tibal
18 avril 2012 à 11:30

Oui, ce musées n’est pas des plus drôles mais c’est à ne pas rater quand on passe par Phnom Penh. L’ambiance qui règne à l’intérieur est vraiment pesante et déconcertante et en lisant les témoignages et en parcourant les différentes salles, on se rend (un peu) mieux compte de l’horreur perpétrée seulement une quarantaine d’années plus tôt par les Khmers Rouges.
Nous aussi, on a voulu en savoir plus du coup et avons bouquiné un peu sur le sujet 😉
Merci de nous suivre !

20 octobre 2013 à 16:19 Répondre

Bonjour. J’ai passé quelques jours à Phnom Penh en Juillet dernier lors d’un voyage de deux mois en Asie du Sud-Est. J’ai adoré cette ville, son atmosphère, ses marchés, ses habitants,…
J’ai beaucoup apprécier la balade en bord de quai Sisowath en fin de journée. Beaucoup d’animation et de beaux sourires ;)On y fait de l’aérobic, on y teste les spécialités locale (serpent, tarentules,…
Je vous invite à découvrir ma vision de Phnom Penh sur mon blog voyage : http://www.onedayonetravel.com/city-guide-voyage-phnom-penh-au-cambodge/

16 février 2017 à 23:28 Répondre

Je comprends que PP ne soit pas la ville préférée de beaucoup de touristes, mais j’y ai trouvé une énergie tout de même qui me donne envie d’y retourner…

14 avril 2017 à 12:28 Répondre

Pour plus d’informations sur le Cambodge, je vous invite à découvrir ce site : https://cambodge.eu

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