Archives | janvier, 2012
29 janvier 2012

Siem Reap et les temples d’Angkor

7h de bus séparent Phnom Penh de Siem Reap. Les paysages sont bien plats et pas grand chose à voir sur la route, tant pis ! Les heures paraissent assez longues mais on arrive quand même à destination à l’heure prévue. Il fait déjà nuit, un tuk tuk nous emmène où Jim nous avait conseillé d’aller (guesthouse avec piscine et jacuzzi) mais c’est complet, pour changer 🙂 On se rabat sur une autre guesthouse. Le mec me fait visiter la chambre et me dit 15$, on l’aura à 10 finalement après une très brève négociation. On fait un petit tour de quartier, il y a un magasin de fripes japonaises. Je m’achète 5 peluches pour 1$, elles sont importées du Japon ou de Corée, et sont trop «cute» !

Statue de Shiva - Angkor Wat

Statue de Shiva – Angkor Wat

28 janvier. Siem Reap est connu évidemment pour ses temples d’Angkor mais aussi pour le grand lac qui se trouve au Sud de la ville et occupe une bonne partie du Cambodge, le Tonlé Sap. On avait lu qu’on pouvait faire une visite d’un village flottant dans le coin. C’est donc parti avec un tuk tuk qu’on «loue» à la demi journée. Arrivés là bas, il faut payer chacun 2$ pour entrer sur le site. OK. Puis on se retrouve obligé de prendre un bateau pour faire le tour… 20$ chacun ! OK, ça commence à faire beaucoup pour un simple village flottant. Une fois nos billets payés, on nous fait monter dans un bateau juste les deux. C’est parti pour le tour du village qui ressemble plus à un zoo humain qu’à un vrai village. Nos 2 guides, 2 gamins, se contredisent quand on leur demande des renseignements sur ce village et les gens qui y habitent. Ils nous arrêtent dans une ferme aux crocodiles, située dans les cales d’un bateau. A l’intérieur, des gamins de 3-4 ans demandent de l’argent pour être pris en photo avec des énormes pythons autour du cou… Bref, on fait pas long feu là bas, le bateau nous ramène sur la rive et on demande au tuk-tuk de nous ramener au centre ville. Si vous allez à Siem Reap, on vous déconseille fortement d’y aller !

Eglise sur l'eau

Eglise sur l’eau

Village flottant

Village flottant

Supermarché flottant

Supermarché flottant

Enfants au bord du Tonlé Sap

Enfants au Tonlé Sap

Sur la route, on lui demande de nous arrêter aux guichets d’Angkor pour déjà acheter les billets pour le lendemain. Il est 14h. A Angkor, si vous achetez le billet la veille, vous pouvez déjà aller faire le coucher de soleil le jour précédant votre visite, plutôt sympa surtout quand on connaît le prix des billets : 20$ la journée ou 40$ les 3 jours (ce qu’on a pris pour profiter un max). Comme on avait trouvé qu’on avait payé assez cher le tuk-tuk, on lui demande si il peut repasser nous prendre ce soir pour nous emmener au coucher de soleil. Il nous dit pas de problème, il passera à la guesthouse à 16h.

On attend, on attend, mais il ne viendra pas. L’ayant déjà payé pour le tour du matin, on se rappelle qu’on est pas chez les Bisounours et qu’il aurait fallu le payer à la fin de la journée si on avait voulu qu’il nous emmène là bas. Pas de coucher de soleil donc…

On se promène dans le grand marché aux souvenirs de la ville pour passer le temps et on trouve un autre conducteur qui veut bien nous emmener faire le tour des temples demain à la journée, pour un prix correct, après plusieurs négociations. On lui donne donc rendez-vous à 7h30 à l’hôtel.

29 janvier. On se lève tôt puis on attend notre driver. 5mn, 10mn, 30mn…toujours pas là. On se dit qu’il a trouvé un autre couple qui le payait plus grassement 🙁 Un tuk-tuk est devant l’hôtel, on lui demande combien il prend pour faire les temples sur la journée. Évidemment, il est plus cher, mais on n’a pas envie de rater une deuxième fois les temples, donc on accepte !

On part donc à 8h pour faire la «petite boucle» des temples d’Angkor avec les temples qu’on avait repérés la veille. Le site est immense, c’est impossible de tout faire sur une journée surtout que certains temples sont à plusieurs dizaines de kilomètres des principaux. Le jour est levé, mais une épaisse grisaille nous accompagne, comme pour le Taj Mahal. Au moins, il ne fera pas trop chaud mais pour les photos, c’est pas ça 🙁 Petit inconvénient, on tombe en pleines vacances chinoises. Des cars commencent à vider leurs touristes sur le site, tranquillement mais sûrement.

On commence par Angkor Wat, un des plus connus si ce n’est le plus connu. Une grande partie de la façade est en rénovation avec de belles bâches vertes. On entre dedans et là, la magie opère. Malgré le nombre de touristes présents, on peut quand même se trouver des petits coins tranquilles pour flâner et observer les différentes sculptures et fresques. C’est impressionnant le niveau de détails et le gigantisme du site !

Détail d'Angkor Wat

Détail d’Angkor Wat

Angkor par grisaille

Angkor par grisaille

Angkor Wat envahi

Angkor Wat envahi

Détail d'Angkor Wat

Détail d’Angkor Wat

On continue avec le complexe d’Angkor Thom et son célèbre temple de Bayon (pas de blague sur le jambon svp), qui affiche fièrement les têtes des différents rois ayant régné sur la région quelques siècles auparavant.

Angkor Thom - Bayon

Angkor Thom – Bayon

Angkor Thom - Bayon

Angkor Thom – Bayon

Têtes des rois - Bayon

Têtes des rois – Bayon

Détail d'Angkor Thom - Bayon

Angkor Thom – Bayon

Les temples s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. D’habitude, les gens viennent très tôt le matin et reviennent pour le coucher de soleil mais comme là il fait gris on décide de se faire le max de temples dans la journée.

Apsaras dansantes

Apsaras dansantes

Choupi rêveuse

Choupi rêveuse

Temple pyramidal

Temple pyramidal

Vue depuis le haut du temple

Depuis le haut du temple

 

La montée des marches

La montée des marches

Porte bancale

Porte bancale

Tombera, tombera pas ?

Tombera, tombera pas ?

Vestiges

Vestiges

On passe voir le temple de Takeo, puis celui de Banteay Kdei, la terrasse des éléphants et celle du roi lépreux et nous arrivons enfin au temple que nous attendions, un des plus visités : Ta Prom, le temple dans la jungle. Magnifique ! A l’intérieur, on ne sait pas si la végétation et les gigantesques bagnans ont pris possession des lieux ou si ce sont les hommes qui ont construit autour des arbres. La symbiose est parfaite entre le végétal et les pierres. De nombreux touristes se posent dans un coin pour dessiner. On trouve un coin au calme pour écouter les bruits alentours et observer ce «monstre» plus en détail. Sans doute le meilleur de ceux qu’on a pu visiter.

Temple de Ta Prom

Temple de Ta Prom

Végétal versus minéral

Végétal versus minéral

Squelette végétal

Squelette végétal

Symbiose parfaite - Ta Prom

Symbiose, Ta Prom

On fait encore quelques temples secondaires pour finir la journée et le tuk-tuk nous ramène à la guesthouse. Après avoir monté et descendu les nombreuses marches des temples, nos jambes sont toutes fatiguées. Et pas de jacuzzi dans la guesthouse 🙁 On avait prévu 2 jours pour les temples mais comme il ne fait pas bien beau et qu’on a passé toute la journée dedans, on décide de partir le lendemain pour Phnom Penh récupérer notre passeport avec un joli visa vietnamien et ensuite descendre dans le Sud sur le littoral cambodgien. On aurait pu faire les temples plus excentrés mais une journée nous a semblé suffisante. Le pass 1 jour nous aurait suffi du coup, mais tant pis ! A bientôt pour des images du littoral et de la superbe campagne cambodgienne 🙂

PS : désolé pour l’attente, on a eu quelques soucis avec le blog. On espère que ça va tenir désormais et on essaye de rattraper le retard dans les articles. Pour info, on est déjà dans le Nord du Vietnam !

26 janvier 2012

Phnom Penh, capitale du Cambodge

On quitte déjà le Ratanakiri et ses pistes rouges pour rejoindre la capitale cambodgienne, Phnom Penh. Debouts à 5h pour prendre le bus à 6h30 et c’est parti pour une longue, longue, très longue journée de bus : 10h pour être précis. Les paysages sont assez plats et comme on sait en saison sèche, les rizières sont toutes brunes. En plus, on a ni karaoké ni marchande en tout genre qui rentre dans le bus pour nous vendre des «choses» grillées ou des fruits 🙂 autant dire que ça ne passe pas vite 🙂 On s’est retrouvé sans faire exprès assis à côté d’une famille cambodgienne avec qui on avait sympathisé aux abords du lac de Banlung. Ils vont également à Phnom Penh.

Wat dans Phnom Penh

Wat dans Phnom Penh

On sent que le Cambodge est plus proche de l’Equateur, car les températures sont de plus en plus chaudes et l’atmosphère de plus en plus moite et humide. Au passage, on pense bien à vous en France qui combattez le froid. Au vu des dernières news en station, ça devrait être une bonne saison de ski 🙂

On arrive dans la banlieue de Phnom Penh. La circulation est très fluide avec de grandes avenues. Ca ressemble beaucoup plus à une capitale que Vientiane si on veut comparer. On sort nos sacs des soutes du bus et ils sont cette fois remplis de la poussière rouge récoltée sur le trajet. Sympa pour les tee shirts ensuite 🙂

Une fois les sacs posés, on rejoint le quartier animé et on se promène le long du quai Sisovath. Les jeunes s’adonnent à un des sports nationaux ici : l’équivalent du sepak takraw thailandais mais avec un volant de badminton.

Puis on mange tranquillement le long de la rivière Tonlé Sap. Ce coin bouge beaucoup, avec pas mal de guesthouses, de bars normaux et des bars à hôtesses. Ce n’est hélas pas rare de croiser un occidental assez vieux avec une petite minette cambodgienne de 20 ans. Ils sont même par endroits plus nombreux que les gens «normaux».

26 janvier. Lever assez tôt. On a prévu de ne rester qu’une journée à Phnom Penh, essentiellement pour faire la demande des visas vietnamiens. On en profite évidemment pour visiter les principaux monuments. On part donc à l’ambassade vietnamienne de bonne heure pour faire les formalités. 45 dollars par personne. Nous sommes jeudi et ils nous disent qu’on peut revenir les chercher lundi. On a prévu d’aller faire les temples d’Angkor Wat entre temps et de toute façon repasser par Phnom Penh donc ça nous va bien. Je n’ai pas suffisamment d’argent donc je pars en quête d’un ATM. Pas toujours évident ici. Le premier ne prend que les cartes cambodgiennes, le deuxième que les VISA. Je passerai donc par une banque qui me donne des dollars et simule un achat, pas d’autre choix ce jour là !

Passées ces quelques formalités, on se dirige vers le marché russe au sud de la ville. Beaucoup de vietnamiens y ont installé leurs stands et du coup tout se ressemble un peu. On s’attendait plus à un marché avec des antiquités et des babioles, ça sera un marché aux souvenirs avec des tee shirts, des kramas, des écharpes. On le fait quand même malgré le fait qu’une coupure d’électricité s’est produite… Aucun ventilateur sous les toits de tôle donc… Hammam gratuit. On mange des nouilles et des spring rolls (sorte de bobun vietnamien) dans une petite échoppe pour seulement 1$ chacun. Puis petit jus de canne frais, miam !

Etals du marché russe

Etals du marché russe

Jus de canne frais

Jus de canne frais

Boutique de souvenirs

Boutique de souvenirs

Stand de tee shirt

Stand de tee shirt

On prend ensuite la direction du musée du génocide, le fameux Tuol Sleng S21, école transformée en prison et en centre de torture/exécution durant les années sombres de l’histoire cambodgienne, de 1975 à 1979. Quatre heures passées à l’intérieur permettent de mieux se rendre compte des horreurs perpétrées ici et partout dans le Cambodge durant la période de pouvoir des Khmers Rouges. Des traces de sang subsistent ici et là, les cellules et les salles d’interrogatoire sont laissées telles quelles. Dans les différentes salles, on peut voir sur de grands panneaux les visages des personnes qui n’ont pas échappées à la terrible machine khmère rouge. Certains sont encore gamins, d’autres sont des vieillards, et on peut deviner dans leurs regards qu’ils savent ce qui les attend. Dans cette prison, on estime entre 12 000 et 20 000 personnes le nombre de personnes tuées. Durant les 4 années de terreur, les Khmers Rouges massacreront un quart de la population, soit environ 2 millions de personnes. Terrifiant témoignage du génocide.

Une des salles de torture

Une des salles de torture

Consignes pour les détenus

Consignes pour détenus

Tristesse

Tristesse

Peur

Peur

Numéro

Numéro

Photos des détenus du S21

Photos des détenus du S21

Jours qui passent

Jours qui passent

Traces de sang

Traces de sang

A l’heure où nous écrivons cet article, Duch, un des principaux responsables vient d’être condamné à perpétuité par un tribunal international. Les autres dirigeants ne sont toujours pas jugés, certains occupent toujours de bonnes places au sein du pays. Les points de vue divergent sur les éventuels jugements de ces «monstres», jugeant ces jugements très occidentaux. Les Cambodgiens, majoritairement bouddhistes et avec une philosophie différente, n’attendent pas forcément un jugement. On s’est acheté quelques biographies ou livres documentaires pour un peu mieux comprendre cette période. Merci à Thomas du blog «Kilomètres et Megapixels» pour le lien également (cf article dans le JDD)

Cellule

Cellule

Vue depuis l'intérieur de S21

A l’intérieur du S21

Regard

Regard

Carte du Cambodge

Carte du Cambodge

Après cette douloureuse mais instructive immersion dans l’histoire du peuple cambodgien pas si lointaine, nous finissons la journée par la visite du Wat Phnom, ça faisait longtemps qu’on n’était pas allé faire une visite de temple. L’architecture est vraiment différente de ce qu’on a vu dans les autres pays : beaucoup plus détaillés, des apsaras (danseuses célestes) qui retiennent le toit, des peintures et des scènes du Reamker, la version khmère du Ramayana indien.

Le dragon et le poisson

Le dragon et le poisson

Apsara

Apsara

Fresque

Fresque

Fresque du wat

Fresque du wat

Via couchsurfing, on avait contacté une personne qui recherchait des volontaires pour l’aider à son orphelinat dans les environs de Phnom Penh. On s’était dit que ça pouvait être bien avant d’aller à Siem Reap et voir les temples d’Angkor. On arrive à le contacter après plusieurs emails et en empruntant deux téléphones non sans mal !! Le mec voulait bien de nous mais il fallait qu’on prenne un tuk tuk pour aller plus loin que prévu et pour plus cher (étrange) et il n’a jamais voulu donner son adresse prétextant que c’était trop compliqué (il fallait demander au chauffeur de tuk-tuk de l’appeler pour se faire guider). On a trouvé ça assez louche et ça revenait bien cher donc au final on a abandonné. On se dit que c’est pas plus mal car ici au Cambodge, à chaque coin de rue ou sur les tuk tuk, on voit de nombreuses affiches qui avertissent sur le danger des orphelinats, et sur le fait que les gamins ne sont pas des attractions touristiques. Par la suite, on a lu que sur 258 orphelinats présents dans le pays, seulement 21 sont contrôlés au niveau gouvernemental. Les parents vendent parfois leurs gamins dans des «orphelinats» pour avoir un revenu. Certaines guesthouses ou hôtels attirent les touristes dans les orphelinats. Ces orphelinats sont laissés dans des états insalubres pour attirer la sympathie et les dons des touristes. (Source: magazine SEA Globe)

Demain, direction Siem Reap et ses célèbres temples d’Angkor !

24 janvier 2012

Au coeur du Ratanakiri : Banlung et ses cascades

Après le Laos, nous voilà déjà en route pour le Cambodge. On quitte donc le petit havre de paix des 4 000 îles le matin du 22 janvier. On retrouve Mr Joe (le gérant de notre cantine) à qui nous avons acheté les billets pour traverser la frontière la veille. Il n’a d’américain que le pseudo, c’est un vrai laotien. Il nous offre donc le dernier petit déjeuner et on part avec sa pirogue rejoindre la terre ferme sur les coups de 8h. Dernier petit tour sur le Mékong et Mr Joe nous laisse à l’agence qui gère les bus. Le gérant du bus propose de faciliter le passage de la frontière : on lui donne 30$ et il s’occupe de tout. Le visa est normalement à 20$ mais on avait lu qu’à la frontière cambodgienne, il y avait énormément d’abus et des douaniers très avides de backchichs donc on prend cette option, comme beaucoup d’autres personnes.

Un premier bus nous emmène jusqu’au poste frontière. Pour ceux qui ont pris l’option à 30$, on a juste à marcher les quelques centaines de mètres qui nous séparent du Cambodge sans se poser de questions pendant que les autres font les démarches pour obtenir leur visa. Au final, ils paieront entre 25 et 28$ en croyant ne payer que 20$ au début, donc pas de grosse économie et surtout une perte de temps avec des douaniers pas franchement loquaces.

On attend un bon bout de temps, environ 2h avant de remonter dans un autre bus. Le temps de se boire un petit soda et d’apprendre le «bonjour-merci» cambodgien («soo a sday» pour bonjour et «or gu’n» pour merci). On discute avec 2-3 personnes dont un certain Antoine, qui a fait l’UTBM et avec qui on a une connaissance commune… Après le Cambodge, il part en Thaïlande dans le resort où on a séjourné car il connaît également le gérant. Qui a dit que le monde n’était pas petit ?

On repart enfin, après avoir chargé, déchargé et rechargé les sacs pour les mettre dans le bon ordre, car les personnes dans le bus vont tous à des endroits différents mais toutes prennent le même bus. Comme nous descendons en premier, nos sacs doivent être les derniers chargés. Les autres vont à Phnom Penh, Kratie, Siem Reap ou d’autres destinations. Pour nous ça sera Banlung. Après 2 heures de bus, on nous largue aux environs de Stung Treng et on nous dit d’attendre 1 heure pour un 3ème bus… Le jour le plus long, vous connaissez ? 🙂 On attend donc et on se familiarise cette fois avec la monnaie locale, mix de riels et de dollars. 1 dollar est arrondi à 4 000 riels, facile pour les conversions. On découvre les premières mygales caramélisées et d’autres insectes plus ou moins gros.

Notre bus arrive après 45 minutes d’attente. On saute dedans et plus que 2 heures nous séparent de Banlung. Arrivée à la station de bus là-bas, les gens nous disent que pour rejoindre la ville, il y a un kilomètre. On se met donc à marcher vers le centre. Entre temps, on recroise Joël et Annick, nos potes suisses, qui sont en scooter et qui nous disent que la ville est bien à 3 kilomètres. Choupi et moi prenons donc chacun un moto taxi. Au bout de quelques secondes, Choupi a disparu de mon champ visuel… J’espère juste qu’ils vont nous arrêter au même endroit en ville, sinon ça sera très dur de se retrouver car on a oublié de se donner un point de rendez vous si on se perdait. Heureusement, ça sera le cas pour nous, mais pas pour les 3 argentins qui nous suivaient. Ils ont dû partir à la recherche de leur pote dans la ville 🙁

On regarde les guesthouses du centre, la plupart sont tenues par des Chinois et aujourd’hui, demain et après demain, c’est le Nouvel An chinois. Ils nous disent que ce soir c’est ok, c’est 7$, mais que demain ça sera 25$. Comme on veut rester 3 nuits et qu’on trouve ça complètement abusé, je me mets en quête d’autres guesthouses un peu plus excentrées, pendant que Choupi attend au carrefour. Sur le chemin, je recroise 2 Françaises qui étaient dans le bus, elles m’indiquent leur guesthouse et me demande au passage d’où je viens car elles reconnaissent mon accent. Evidemment, elles sont de Besançon ! Faut vraiment aller à l’autre bout du monde plutôt que dans sa cage d’escalier pour croiser ses voisins 🙂

Je vais récupérer Choupi et les sacs et on s’installe dans la guesthouse tranquillement.

23 janvier. Lever bien matinal vers 6h pour louer un scooter et visiter les nombreuses cascades du coin. Après la première cascade de Cha Ong et une heure de piste bien rouge, le pneu arrière est à plat. C’est pas faute de rouler doucement sur ces routes chaotiques ! Un Cambodgien nous dit qu’il faut absolument retourner à la guesthouse et changer la roue sinon on ne tiendra pas la journée. On rentre avec une roue arrière qui chasse de tous les côtés, presque l’impression de faire du snowboard sur la glace… Arrivés à la guesthouse, la fille l’emmène au garage et la réparation est faite en 30 minutes. Elle nous dit toute gênée que ça lui a coûté 6$ et que du coup si on pouvait faire fifty fifty, ça serait cool pour elle car elle loue ses scooters à 5$ donc là elle a perdu sa journée. Acceptant que les fautes viennent de chaque côté (on a pas assez vérifié le scooter avant de partir), on s’en tire à 2$ après négociation.

C’est donc reparti pour d’autres cascades, celles de Kachang et de Katieng, situées cette fois au Sud Ouest de Banlung. On avait raté les chutes d’eau au Laos faute d’avoir pu loué un scooter sur le plateau des Bolaven, on ne regrette donc pas de faire celles-ci, elles sont magnifiques et en pleine forêt. Dans certaines, on peut même passer derrière comme Tintin dans le temple du Soleil. Ces cascades sont le point de rendez vous de nombreuses familles et comme c’est le Nouvel An chinois, beaucoup de gens sont gais voire saoûls 🙂 Une gamine de 14-16 ans prendra Choupi dans ses bras et l’embrassera sur la joue.

La région est connue pour ses plantations d’hévéas. Effectivement, on en voit, mais on voit également une déforestation massive à perte de vue, c’est assez inquiétant. Surtout quand on vient du Laos où la déforestation est largement moins visible.

Cascade de Cha Ong

Cascade de Cha Ong

Pistes rouges

Pistes rouges

Cascade de Kachang

Cascade de Kachang

Cascade de Katieng

Cascade de Katieng

Dernière cascade, on recroise Joël et Annick. Ils s’apprêtaient à partir mais ils ont perdu la clé de leur scooter. Plutôt que de partir avec un pick up comme ils voulaient faire, on se propose donc de les ramener en ville pour voir si le loueur a un double. Je prends donc Joël derrière moi pendant que Choupi et Annick attendent vers la cascade. Arrivés en ville, le magasin est fermé pour cause de Nouvel An chinois. On trouvera quand même un Cambodgien  dans le cyber café d’à côté qui nous aidera à trouver un mécano vietnamien. Il est d’ailleurs assez saoûl mais accepte de fabriquer une clé de rechange. Une fois le prix fixé, le Cambodgien prend sur son scooter le Vietnamien et Joël pendant que je rejoins la cascade tout seul. Ils ont pris des raccourcis et quand j’arrive là-bas, le scooter est déjà réparé !

On finit la soirée en bonne compagnie avec Joël et Annick qui nous offrent le repas et quelques bières. C’est l’occasion de se causer et de partager un repas après plus d’un mois de course poursuite à travers le Laos. Sur le chemin du restaurant-bouiboui, on manque de se faire écraser par un 4×4. Encore un effet pervers du Nouvel An chinois ? 🙂

24 janvier. On reprend notre fidèle destrier pour partir voir cette fois le lac sacré Boueng Yaek Lom, creusé apparemment par une météorite «long long time ago». On fait le tour du lac en marchant puis on s’arrête sur un ponton pour se baigner. L’eau est cristalline et d’un bleu intense. Des gamins cambodgiens ne tardent pas à arriver. C’est rigolo, ici, peu de gens savent nager donc ils prennent souvent des gilets de sauvetage dès qu’ils s’éloignent du bord.

C’est pas le jour de Choupi aujourd’hui. Elle se fait piquer par 2 insectes et en sautant du ponton, son oreille droite lui fait de nouveau des misères. Après 2 heures de détente, on reprend le scooter pour essayer de trouver la cascade aux 7 étages, qui est située à 30 kilomètres de Banlung. Cette balade est souvent proposée via les guesthouses mais comme on a le scooter on tente de la trouver par nous mêmes, sans carte. Ce sera un échec malgré nos différentes tentatives de mimes. Je vous laisse imaginer Choupi qui mime de l’eau, une cascade, le chiffre 7 etc etc… Un mec viendra même en courant vers nous, complètement bourré, et nous serrera dans ses bras alors qu’on tentait de reprendre notre route, sans nous donner plus d’indication. Nouvel An chinois, quand tu nous tiens…

Choupi au Yaek Lom

Choupi au Yaek Lom

Tibal au Yaek Lom

Tibal au Yaek Lom

Gilets de sauvetage

Gilets de sauvetage

Abords du lac

Abords du lac

On continue de rouler en direction de la frontière vietnamienne qui n’est qu’à 40 kilomètres, mais la route est très droite est les paysages assez banals par rapport à ceux qui jouxtent les pistes rouges. On fait donc demi-tour et on rentre à la guesthouse pour manger. Sur le chemin, on croisera le chemin d’une petite tornade, pas aussi puissante que Twister mais impressionnante quand même : environ 8m de haut avec un diamètre de maximum 4 mètres.

Demain, direction la capitale, Phnom Penh !

21 janvier 2012

Choupi et Tibal au Laos : simply beautiful

Que le temps passe vite, nous voilà déjà à faire l’article final sur le Laos… Nous y sommes restés 26 jours sur les 28 autorisés et on peut déjà vous l’annoncer, ce fut un GROS coup de coeur ! On est carrément tombé amoureux du pays 🙂

Fleur du frangipanier : fleur nationale

Fleur du frangipanier : fleur nationale

On regrette juste de ne pas avoir eu le temps de faire le Nord Est, bien montagneux. Peut-être pour une prochaine fois ? En tout cas, du Nord au Sud (ou du Sud au Nord), les paysages sont à couper le souffle, vraiment très différents de la Thaïlande, beaucoup plus sauvages et authentiques, bien que certains endroits tendent à s’occidentaliser à l’extrême (cf articles sur Luang Prabang ou Vang Vieng).

C’est pourquoi on ne peut que vous conseiller de visiter le Laos rapidement. En plus, ils lancent une grosse campagne «Visit Laos 2012» qui risque d’attirer encore plus de touristes, pour le meilleur et pour le pire, notamment au niveau des prix. On croyait que le Laos serait carrément moins cher que la Thaïlande mais il n’en est rien, c’est kif kif, voire plus cher, surtout pour la nourriture. Pour le transport et les guesthouses, c’est sensiblement la même chose.

Campagne Visit Laos 2012

Campagne Visit Laos 2012

Ce que nous retiendrons du Laos, entre autres :

– des gens avec toujours un énorme sourire (bien plus qu’en Thaïlande) et fêtards, des paysages magnifiques, que ce soit les cascades, les montagnes, les pains de sucre, les rizières, les différentes descentes de fleuves sur le Mékong ou le Sékong, les îles du Sud, la turbulente mais néanmoins superbe Vang Vieng, …
– beaucoup de gens portent des masques anti poussière, bien nécessaires sur certaines routes bien rouges. On en a d’ailleurs acheté un chacun !
– leur café lao est délicieux ! Quand vous demandez avec du lait, ils vous le servent avec du lait concentré sucré
– leur falang baguette n’a rien à envier aux baguettes françaises. Croustillante et bien cuite !
– deux façons de cuire le riz : sticky rice ou à la vapeur. Notre coeur s’est porté sur le sticky rice, servi dans des grands pots en osier, yummy !
– leur BBQ (Sin Dad) vaut le déplacement : bouillons + viande + légumes + oeufs et vermicelles, un régal !
– beaucoup beaucoup d’enfants partout dans les villages
– les laotiens adorent faire la fête. A partir de 17h, les Beerlao commencent à s’entasser sur les tables des maisons
– beaucoup de bars karaoké partout dans le pays, toujours assez kitsch et de la musique très forte dans les villages
– quand vous allez chez le coiffeur et que vous demandez un shampooing, vous êtes en position couchée à l’horizontale
– des maisons traditionnelles en bois, souvent sur pilotis
– des maisons ou des guesthouses kitsch avec des colonnes romaines
– les Laotien(ne)s ont des traits vraiment très fins et portent toujours des vêtements de façon élégante, batiks pour les femmes ou pantalon droit pour les hommes
– le lao est une langue sympa à apprendre. Il n’y a pas de passé ni de futur, uniquement du présent 🙂 Pour l’instant, c’est en lao que nous avons appris le plus de mots !
– des joueurs de pétanque dans tout le pays. Ici ça s’appelle aussi les «boules» ou «pétanque». Il y a aussi de nombreuses tables de billard
– beaucoup d’habits militaires ou de casquettes
– quand on se promène dans les villages, on entend des gamins qui nous crient «sabaidee» (bonjour) de partout sans forcément qu’on les distingue ou «hello falang» (salut français/étranger)
– dans les bus locaux, quand il n’y a plus de place, le gérant du bus installe des tabourets pour gamins
– les Laotiens mangent des oeufs déjà fécondés
– les gens prennent soin de leur coqs et leur crachent dessus de l’eau pour faire briller leurs plumes
– des tables pour jouer aux dames un peu partout

Jeu de dames

Jeu de dames

Quelques anecdotes en vrac :

– un cochon est tombé du toit du jumbo où nous étions
– après notre tour de pirogue de Sékong à Attapeu, le piroguier nous a déposé dans une décharge où on a dû marcher dans les fruits et les poissons pourris
– Choupi a déraillé deux fois dans la même journée
– à la frontière Thailande-Laos, on a participé à des enchères de visas. N’importe qui peut récupérer n’importe quel passeport du moment qu’il paye
– on a réussi à s’embourber dans le Mékong avec le slow boat qui descendait vers Luang Prabang
– on a réussi à boire une Duvel pour mon anniversaire
– on a sauté de plusieurs chutes d’eau
– 1 mamie nous a mimé plein de trucs pour nous faire comprendre où l’on pouvait se baigner dans les chutes
– on a rencontré un mec à Luang Prabang qui habite à 10 kilomètres de chez nous en France et qui nous a donné une bonne adresse pour du vin
– on a donné des offrandes (du sticky rice) aux moines
– j’ai chopé des vers de vase sur les jambes et les fesses en m’asseyant dans la rivière
– on a fait un lâcher de lanternes pour le Nouvel An
– une petite fille du SaeLao project m’a offert un bracelet. Les enfants du village nous récitaient toujours la phrase suivante avant de partir «May we go home teacher, thank you and good night»
– on a vu les dauphins d’Irrawady à la frontière lao-cambodgienne
– on a bu du lao lao avec le papy de la guesthouse de Don Det
– on a dû changer la roue du bus en allant à Vientiane
– on est rentré plusieurs fois de nuit en vélo, éclairé à la frontale, ça se fait bien 🙂
– on nous a souvent donné à manger dans les bus
– on a rencontré plein de mamies d’ethnies minoritaire sur les marchés et elles se sont bien fendues la poire en se faisant photographier
– Choupi a trouvé une chenille et un élastique dans son steak à Paksé
– on a fait le tubing sans se faire mal (c’est une contre anecdote !)
– on a donné des cours d’anglais à des petits laotiens du SaeLao project
– je me suis fait une bonne tendinite au coude droit qui a du mal à partir

Choupi et ses nouveaux potes

Choupi et ses nouveaux potes

C’est fini pour le Laos, n’hésitez plus, foncez réserver vos billets et envolez vous vers cette destination «coup de coeur» !

Petit point sur notre géolocalisation à l’instant «t». Nous sommes au Cambodge depuis une semaine et nous y restons encore une semaine, avant de remonter toute la côte vietnamienne.

Merci à tous ceux qui nous suivent et qui relaient les articles, ça motive pour la suite ! Bécots à tous !

Séance de rattrapage pour nos articles laotiens

Descente du Mékong et Luang Prabang
Vang Vieng et le projet SAELAO
De Vientiane à Savannakhet
– Plateau des Bolaven : Salavan, Sekong, Attapeu
– Si Phan Don ou les 4 000 îles

Voir nos photos du Laos

Coussins de notre cantine à Don Det

Coussins de notre cantine à Don Det